Soutenance

Publié le 9 novembre 2021 Mis à jour le 26 novembre 2021

Soutenance de Rindra Narison

Date(s)

le 8 décembre 2021

Soutenance de Rindra Narison

Jury :
  • Pr. Philippe Azouvi, Université Paris Saclay, rapporteur
  • Pr. Carine Michel, Université Dijon Bourgogne, rapporteure
  • Pr. Cyrille Bouvet, Université Paris Nanterre, examinateur
  • Monica Toba, HDR, Université Amiens Picardie Jules Verne, examinatrice
  • Pr. Laurence Conty, Université Paris Nanterre, Directrice de thèse
  • Nadine Ribet-Reinhart, Expert
Résumé :
Généralement, les individus suivent le regard d’autrui dans la direction indiquée par ce regard. Cet effet dit d’indiçage par le regard, est robuste et reproductible chez les adultes sans trouble. Cette thèse interroge l’applicabilité de cet effet dans le domaine clinique. Il est courant que des patients atteints de lésions cérébrales dans l’hémisphère droit se mettent à ignorer leur espace gauche. Ce syndrome dénommé négligence spatiale unilatérale (NSU) est handicapant et entrave la récupération fonctionnelle des patients. Nos travaux ont pour objectif de développer un outil d’évaluation permettant aux neuropsychologues de déterminer si un patient atteint de NSU utilise spontanément le regard d’autrui pour explorer son espace négligé. Ce mécanisme, s’il est préservé, peut représenter un levier durant la remédiation cognitive et/ou durant la vie quotidienne pour compenser les troubles visuo-attentionnels du patient. Le développement de notre outil s’est opéré en trois phases expérimentales. La première phase a cherché à déterminer si la tâche de type Posner, généralement utilisée pour mesurer l’effet d’indiçage dans la population sans trouble, était adaptée aux patients atteints de NSU. Les résultats ont tout d’abord montré que la tâche devait être simplifiée et raccourcie pour être mieux adaptée aux capacités attentionnelles réduites des patients. D’autre part, les résultats ont mis en évidence des profils très variés de patients, certains répondant dans leur espace négligé au regard, d’autres à une flèche, d’autres encore à aucun indice ou bien aux deux. Ce résultat corroborait la pertinence de développer un outil permettant d’évaluer le comportement de suivi du regard d’autrui des patients. Dans la deuxième phase, nous avons simplifié la tâche et mesuré les effets d’indiçage du regard (et des flèches) dans quatre populations différentes : des adultes jeunes et âgés sans trouble, et des patients cérébro-lésés droits avec et sans NSU. Nous avons montré que les effets d’indiçage étaient peu impactés par l’âge, ou par une lésion cérébrale droite, mais était bien impactés en moyenne par la NSU. Notre version simplifiée de la tâche était toutefois bien adaptée aux capacités des patients. La troisième phase expérimentale correspond à l’étalonnage de l’outil final auprès de la population sans trouble. Cet outil mesure l’effet d’indiçage par le regard seul, mais également cumulé à un indice plus saillant, le pointage du doigt. A cause de la crise sanitaire liée à la Covid19, l’étalonnage n’a pas pu être achevé avant le dépôt de cette thèse. Nos résultats préliminaires confirment néanmoins que notre outil mesure des effets d’indiçage robustes et non impactés par le vieillissement dans la population générale. Nous discutons d’une part des caractéristiques psychométriques de notre outil et d’autre part, des implications de nos résultats pour l’approche thérapeutique.

Mots clés : négligence spatiale unilatérale gauche, lésion cérébrale droite, effet d’indiçage par le regard, effet d’indiçage par la flèche, effet d’indiçage par le pointage au doigt, psychométrie

Mis à jour le 26 novembre 2021